100 km à vélo sur la route Napoléon

J0 -Et zou – un TER de moins : ce qu’en pense Napoléon

«Chériiiiiii…. J’ai une mauvaise nouvelle.»

Mes paupières clignotent. Je me fais miel, mais je sais que je serais prête à pédaler jusqu’à Marseille St Charles s’il le fallait.

Mon train numéro 1 pour demain 6h30 vient d’être annulé suite à un départ d’incendie le long des quais quelque part sur le trajet de la Côte Bleue vers Marseille.

Gloups.. Mon escapade vire au plan galère.

Pourtant, dès le 1er juin, j’avais tout réservé. Billets de TER, emplacements dans deux campings.

Napo, toi et tes éléphants n’ont qu’à bien se tenir. Oui bien était-ce Hannibal ? 

Peu importe les héros successifs des Alpes, demain je l’aurai ce TER de 7h42 quitte à murmurer vers 5h45 «debout mon amour» à mon amoureux qui a déjà monté le porte-vélo derrière sa voiture.

Mon homme a compris. J’ai besoin de me lancer des défis, de saisir à bras le corps des projets. De me dépasser, toujours et encore.

Mon micro défi de demain et après-demain ? Rien du tout, un petit bout de la route Napoléon. Pour me rendre à Grenoble, Pont-de-Claix plus précisément. Environ 100 kilomètres à vélo en partant en fin matinée d’une gare située à deux stations avant Gap.

Why ce calvaire avec les 34 degrés annoncés ?

Ah, une mère ne compte pas ses efforts… la pitchoune, ma plus casse-cou des trois a eu 30 ans samedi dernier et sa sœur de 12 mois de plus et moi avons décidé de nous retrouver chez elle le weekend.

Comment dresser le  tableau familial…

1993 : J’avais 22 ans. La cigogne perd son paquet. Mon grand gaillard né deux mois plus tôt que prévu, fin janvier alors que les calculs l’attendaient 54 jours plus tard. 

Puis prise de frénésie, ma numéro deux – celle qui pédale désormais à Toulouse avec ma Ferrari à deux roues –  née deux ans et quatre mois après son frère.

Enfin, ma casse-cou en numéro 3 de ma tribu. Douze mois et demi après sa sœur. Trois et quatre mois après son frère. À un an et demi elle escaladait son lit à barreaux, j’aurais pu me douter du topo à ses 30 ans. Parapentiste (clique ici pour regarder ses cabrioles dans les airs), permis moto avec grosse cylindrée, escalade, plongée… 

Enfin bref, ayant une forte envie de faire hennir  Cubiton, je m’apprête à prendre le train pour quelques kilomètres sur la fameuse route Napoléon pour retrouver ce petit monde.

Cela ne sera sans doute pas une partie de détente avec cette météo et le trafic important sur la D1075. Néanmoins, le dénivelé du Vercors que j’aurais dû affronter en passant par l’autre côté ne m’inspirait guère.

Donc à demain, pour vous dire si :

  • Le TER Zou au départ de Marseille m’a bien déposée avec mon vélo sans être annulé à son tour.
  • Je suis arrivée entière dans le camping de la Chabannerie.
  • Combien de litres d’eau j’ai éliminé sur la route.
  • Si j’arrive à monter la tente sans rien avoir oublié – que je n’ai pas montée depuis deux ans –
  • et que j’ai suffisamment de souffle pour gonfler mon fin matelas pour la nuit. Une pépite de 562 grammes !

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