La Méditerranée à vélo de Sanary à Menton

La Méditerranée à vélo de Sanary à Menton

J1 – Sanary au Lavandou

Ce tronçon fait suite à notre première étape de la Méditerranée à vélo entre Arles et Argelès. Nos montures ruaient comme des étalons dans la remise. Elles étaient prêtes et ne comprenaient pas pourquoi nous ne les négligions ainsi. « Nous sommes là pour être enfourchées, hein ! » J’avais beau leur expliquer que le trajet vers Châteauneuf ou Marseille n’était pas des plus glamours. Et que la météo capricieuse des dernières semaines nous mettait des boulets aux chevilles. Elles n’ont rien voulu savoir.

Lundi, je les entendais hennir… parole de marseillais… ou de carryenne.

On leur a donc proposé un compromis, on part mercredi et seulement jusqu’à dimanche.

Ce matin, nous étions donc rodés pour charger Ferrari et Moustache dans le TER.

Hélas, la vue spectaculaire que nous offre le Train Bleu fut entachée par un horrible personnage. Un concentré de vulgarité et un peu redondant dans le choix du florilège injurieux. Chapeau bas pour le SAV harcelé et ses collaborateurs qui ont dû s’étouffer avec leur café matinal. Pour ma part j’aurais raccroché après 5 secondes. Et même déposé plainte. Mais, ca, c’est mon côté allemand pas rigolo.

Bon, revenons à nos moutons… pardon, nos vélos.

À l’annonce « Nous arrivons en gare d’Ollioules-Sanary« , nos montures nous ont propulsés sur le quai avec l’empressement d’un ado retrouvant sa XBox (désolé si je suis has been : de mon temps de jeune Maman, c’était l’appât ultime).

Donc, nous voilà dans cette gare. En face, la montagne. Les montures – intelligentes – se disent que la mer ne peut se situer au sommet. Ou cela serait une vilaine faute d’orthographe. Et vous savez quoi ?! Ferrari et Moustache avaient raison. Direction opposée vers le Port de Sanary. La mer y était bel et bien ainsi qu’un immense marché coloré. Qui peut concourir avec celui de Vienne (en France !).

Comme nous n’étions pas venus pour acheter des asperges vertes ou des citrons, nous avons identifié la piste cyclable.

Direction La Seyne sur Mer, puis Toulon.

La Seyne, pas glamour.

Toulon grouillant de marins et marines. La tentative de prendre une photo devant la caserne fut étouffée dans l’œuf. Dommage, mon mari y avait fait son Koh-Lanta militaire (et – chut ! – c’était le bon plan pour tester l’île du Levant). On se plie. Et on trouve THE piste cyclable se dirigeant vers Hyères, Nous validons à 300 % les 80 % des 66 km de notre trajet – pour l’équation xy, je laisse faire les matheux. Le trajet vers Le Lavandou est féérique : la piste épouse une ancienne ligne de chemin de fer. Mer bleue, pin parasols, juste un bémol pour la forêt de mimosas déjà fanés.

La plage d’Aiguebelle est à nos pieds, coquillages et crustacés…..

Voyons, si la lune de miel se poursuivra au-delà de St-Trop jusqu’à St-Raphaël. Mais nos montures sont heureuses … et nous aussi.

Hiaaaa !!!!


J2 – Le Lavandou – Saint-Raphaël

Un ciel gris argenté s’étend sur la côte varoise, troquant l’azur pour une ambiance plus feutrée. Mais bon, au moins j’évite d’accentuer le coup de soleil sur le nez -, c’est toujours ça de gagné !

Loin d’être une simple énumération de destinations, Le Lavandou, Cavalaire, La Croix-Valmer, Gassin, Saint-Tropez, Port Grimaud, Saint-Maxime et Saint-Raphaël se déroulent sous nos roues avec grâce. Le PCL, le parcours cycliste du littoral varois, ancienne voie ferrée du Train des Pignes, offre un contraste saisissant entre passages animés et instants de quiétude absolue. La très grande majorité du temps, la piste nous appartient.

Un véritable éden pour les amoureux de la nature et de freesias sauvages,  notre parcours nous conduit à travers une forêt verdoyante de mimosas et d’eucalyptus. Des panoramas sublimes sur des criques, moins turquoises qu’à l’accoutumée, nourrissent notre rêve d’un bis repetita.

Saint-Tropez, même hors saison, reste le royaume du glamour ostentatoire. Lunettes noires, manteaux de vison et yachts de milliardaires ne manquent pas au tableau. Devant la gendarmerie, on se prend au jeu du clin d’œil au célèbre gendarme du cinéma. Une photo souvenir avec nos casques de vélo, histoire de montrer qu’on est prêts à infiltrer la Côte d’Azur.

Pédaler le long de la Côte  hors saison n’est pas une simple balade, mais une symphonie de sensations et une ode à la liberté. Un voyage où la beauté se décline sur des nuances grises et bleues, invitant à la contemplation et à l’émerveillement. Et qui sait, peut-être qu’un jour, on remplacera les yachts bling-bling par des pédalos géants, histoire d’être zéro carbone sur la belle bleue !

Pour cette seconde étape, environ 75 km parcourus. Demain direction Antibes en longeant les plus belles criques de France où on se prendra pour des milliardaires…


J3 – Saint-Raphaël au Cap d’Antibes

Parfois, il faut faire confiance à son intuition. Aucun guide n’évoque le trajet que nous avons choisi ce matin, à savoir St-Raphaël vers Antibes par le littoral. Alors certes, jusqu’à Mandelieu aucune piste cyclable, mais des paysages à couper le souffle. Nous étions d’ailleurs les seuls bikepackers à chevaucher courageusement nos VAE. Tous les autres cyclistes croisés pesaient quelques kilos et avaient des vélos sports ultra légers. Quelle fierté !

Donc notre route paradisiaque longe la Corniche d’Or tout autour de l’Estérel : une succession de montées et descentes, tout à fait supportables. Nous ne comptons pas le nombre de pauses photos et d’exclamations admiratives.

Au fur et à mesure, les différentes couches de vêtements sont reléguées dans les sacoches,

À Cannes, nous nous retrouvons finalement en manches courtes et nous nous tartinons d’écran total. Tout en savourant une glace, nous regardons passer les ennoelées (la version endimanchées ++++). St-Trop fait plouc à côté, et je me sens horriblement underdressed. Couche culotte noire et casque à fleurs, baskets usées, je vous laisse juge.

Sur la croisette où la police municipale nous somme de pousser les montures, mon homme souligne l’exubérance irrationnelle. La montée des marches est dans deux mois, mais le salon international de l’immobilier MIPIM draine une catégorie de costumes cravates et Louis Vuitton tout aussi surprenante. Une petite mamie en vison dans son fauteuil roulant n’est qu’une des images insolites. Et nous ne comptons ni les visages botoxés, ni les minijupes ou les bolides qui nous doublent… Ah, vive la dolce vita !

Nous poursuivons notre excursion littorale vers Cap d’Antibes. Notre hébergement se situe à quelques pas de la baie des milliardaires. Contraste surprenant dans ce microclimat presque tropical, une dizaine de poules bien dodues, un coq, un potager avec un plan de verveine en self-service. Probablement les légumes les plus bichonnés de France. Sur conseil de notre hôte adorable, nous enchainons par une randonnée de 1,5h sur le sentier du tire-poil, le sublime chemin des douaniers. Histoire d’apercevoir le monde des très très très très riches. Nous renonçons aux 4km de nage pour parfaire notre triathlon : 62 km à vélo aujourd’hui, c’est une quasi moitié acceptable. La douche coche la case flotte.

Un saut à la superette du coin nous rend perplexe. Un paquet de pâtes au rayon frais à plus de 8 euro, du Ruinart en self service, c’est en effet d’un niveau milliardaire.

Demain direction Menton. Nous pensions passer par Monaco mais Google s’oppose à nous calculer un trajet vélo. Si je peins mon casque couleur or, ça passe, non ?


J4 – Cap d’Antibes à Menton

Lorsque je fais du vélo, je me sens vivante..

Le cœur bat, les muscles se tendent, les paysages, les parfums….un objectif, que dis-je, des objectifs à atteindre.

Quand le trajet passe par un col de 500 mètres, le côté vivant prend des allures de tête rouge, pause gourde d’eau, pause photo, pause on enlève le gilet, pause on remet le gilet, même jeu avec les lunettes … puis pause sur le col…

Histoire de frimer avec le tour de France et de boire une Ginger Beer – sans alcool, hein ! Et – chut ! – on recharge la batterie pour améliorer l’autonomie.

Antibes est une merveille.. petit marché provençal, 600 restaurants, vieille ville avec vue mer… on se dit, zut on prend un croissant aux amandes et un vrai café. Zut et rezut pour les calories – on les crame – et un café au lieu d’un matcha, ça ne va pas trop pousser la tension.

Je sais, ce serait bien de perdre 8kg, mais aurais-je encore envie de pédaler et de monter des cols ?

Puis, croissant et pain sportif engloutis, on pédale au n.n. zéro.

Le n.n., normal null, c’est la version alsacienne pour mesurer le niveau de la mer en se basant sur le niveau de la mer à Amsterdam.

Le – je ne sais pas quoi d’ailleurs – mais calibré sur le marégraphe marseillais, c’est notre unité de mesure de ce jour.

Donc, on note de Villefranche sur Mer jusqu’au Col d’Èze, p… de m… de 500 mètres de dénivelé.

Avant, nous passons par Cagnes, Nice annoncée par son aéroport et les petits Falcon privés…toujours sur le bord de mer.

Devant le Negresco, petite pensée émue…

Puis on continue. L’EV8 est excellemment indiquée.

Et on tombe dans le panneau, comme vous le savez maintenant, à Villefranche.

Néanmoins, Google nous avait prévenu de la grimpette. Mais comme le Big Manitou se trompe parfois, on attendait de voir.

On a donc vu…

À droite, un panorama de dingue, des villas, des châteaux perchés, la mer à l’infini, les petits voiliers.

À gauche, les cimes enneigées du Mercantour ! Eh oui, nous sommes encore officiellement en hiver.

Ben, la neige, keine Lust, pas envie.

Un type croisé à mi-chemin frime. Lui n’a pas de batterie et de toutes façons, ça ne monte pas, ça descend…Prends mes kilos, mes 53,5 années et mon vélo pour voir et on en reparle…Bref, quand on monte, on finit par redescendre. Et ça, c’est chouette. Sauf pour les patins de mes freins.

Nous renonçons aux buildings monégasques, direction Menton par une succession infinie de virages. J’ai dû énerver plus d’un automobiliste par mon excès de prudence.

Mais.. comment dire. Je… nous avons envie de vivre encore de nombreux autres périples à vélo.

Menton s’offre à nous avec ses ocres, son charme quasi italien et sa réputation de capitale citronnée. Halte finale de notre bref voyage !

59 km aujourd’hui, petite distance mais sacrée performance malgré tout … Au total autour de 250 km en quatre jours.

Notre trajet entre Sanary et Menton est de loin le plus spectaculaire et enchanteur de tous nos voyages à vélo. Bref …je kiffe la vie !

Et avant de raccrocher nos harnais et délester nos montures …un immense merci d’avoir suivi nos péripéties. Merci pour vos encouragements, vos petits mots et à une prochaine fois pour d’autres aventures !!!


Découvrez la première étape de notre périple à vélo sur le littoral méditerranéen entre Arles et Argelès-sur-Mer ainsi qu’un second voyage entre Menton et Hyères dans le sens inverse.

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