Pignons, couple et cassette

Depuis quelques semaines, Cubiton commençait sérieusement à me faire regretter Ferrari.
Hein ? Quoi ? Kesako ? Cubiton, c’est le petit nom de mon vélo Cube dont le seul défaut jusqu’alors était d’être gris anthracite. Et Ferrari, c’est celui de mon premier destrier rouge flamboyant Riese und Müller de presque 12 ans.
La chaîne de Cubiton sautait régulièrement, rendant les sorties et même les courts déplacements stressants. J’ai eu beau essayer de la remettre – très pénible même en mettant le vélo tête bêche -, cela ressautait. Mon homme me signalait qu’il ne fallait pas démarrer en mode Turbo, mais plutôt en éco. Je lui assurais que non (dans les faits: mon raisonnement était simpliste, pourquoi disposer d’un mode Turbo si on ne peut pas s’en servir ?).
Il a commencé à me parler pignon et couple. Honnêtement ? Il aurait pu me réciter du code CSS en arménien, c’était la même chose. Dans ma tête, ça faisait : .vélo { couple: important; pignon: display-none; }. Aucun sens. Ou presque.
Je situais le pignon-vélo vaguement au niveau du pédalier du côté de la chaîne. Et le truc était censé fonctionner ad vitam eternam. Point barre. Comme c’était le cas de la transmission de Ferrari qui se situait dans le moyeu de la roue arrière.
Globalement, quand on me parle pignon, c’est le mode “Papilles” qui vient à l’esprit.

Pesto basilic et pignon de pin
En revanche, n’essayez pas de faire du pesto de fanes de carottes… c’est à la hauteur de mon pesto de fanes de radis sans pignon (je suis en phase resserrage de boulons quant à mon alimentation d’où ce test immonde).
Bref, revenons aux pignons.
En réalité, les pignons du vélo, ce sont ces disques dentés (la cassette – pour ceux qui sont de ma génération, ils comprendront ma première image mentale, la cassette m’évoquant plutôt la musique).
Et c’est là que le fameux « couple » entre en scène.
La révélation : Le moteur est un gladiateur
J’ai fini par comprendre – grâce à quelques recherches sur internet et les explications de mon réparateur vélo Polo Cycles, en passant spécialiste de la marque Cube. Roulement de tambour, mon vélo électrique a un moteur de… gladiateur. Le couple, c’est sa force de poigne.
Le mode Turbo au démarrage serait comme si un géant décidait de t’aider à ouvrir un bocal de confiture en frappant dessus avec une masse. Ça ouvre le bocal, certes, mais ça explose tout le reste.
Cela dit, je me demande encore à quoi cela sert de permettre cette option au démarrage.
La chaîne qui souffre
Quand je démarre en Turbo sur un petit pignon, le moteur rugit mentalement et envoie son jus sur une chaîne qui n’a rien demandé. Résultat : elle s’étire, elle hurle et elle finit par sauter. Un couple, je t’aime, moi non plus.
Même s’il faut changer ma chaîne et cassette toutes les 1000 bornes (ce qui coûte plus cher qu’un resto surtout quand on fait faire), je dois apprendre la caresse mécanique : démarrer en éco et exploiter un maximum les vitesses en laissant passer une seconde. Sinon, ça cliquette.
Le verdict
Je ne suis plus « nulle de chez nulle ». Mon vélo ne parle pas le CSS, il parle le ressenti. Fragile, la grosse bestiole.
Et désormais, quand on me parle de couple, je ne regarde plus mon homme d’un air de veau malade, je regarde mon dérailleur. Et quand on me parle de pignons… bon, j’ai toujours un peu faim de pesto, mais je sais au moins pourquoi ma chaîne reste en place. Et qu’elle a besoin d’huile de chaîne sèche 😉
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Un peu compliquée la vie avec ton vélo!
Je devrais peut-être m’y remettre pour mieux comprendre ce que tu vis avec le tien!!!!